Louvain-la-Neuve – C’est officiel. La très attendue pièce de théâtre « Mémoire d’un Mur » vient d’être signée chez les Éditions du Grand Lac/Belgique. Une œuvre percutante qui donne la parole au béton pour raconter les plaies ouvertes de l’Histoire congolaise.
C’est une signature qui risque de faire du bruit dans le milieu littéraire. Tomokwabini officialise la sortie de son nouveau texte, une allégorie féroce où le protagoniste n’est ni un homme, ni une femme, mais un Mur. Un mur de ruelle, souillé d’urine et d’affiches, qui devient le réceptacle paradoxal de la mémoire collective.
Quand le béton brise le silence
Loin des clichés habituels, l’œuvre plonge le lecteur dans une atmosphère urbaine poisseuse, où trois personnages — Ali, Aanza et Ngalaka — dansent et s’oublient au pied de cet édifice. Ce qu’ils ignorent, c’est que ce Mur les juge. Témoin de la petite histoire comme de la Grande, il évoque avec une poésie crue la figure de « l’Homme-dieu » (Lumumba) et la tragédie d’un corps jamais retrouvé.
L’éditeur d’excellence depuis Belgique, Christian MUFUBA, ne cache pas son enthousiasme :
« Dès les premières lignes, nous avons été saisis par l’audace du dispositif. Faire parler un mur qui sent la pisse pour évoquer le sacré et la politique, c’est un tour de force dramaturgique rare. C’est un texte qui bouscule, qui dérange, mais qui est absolument nécessaire. »
Entre rire et malaise
Si le sujet est grave, le traitement ne manque pas d’humour noir. La pièce joue sur le contraste saisissant entre la trivialité des situations (l’interdiction de pisser bravée par tous) et la profondeur du propos politique sur l’amnésie d’une nation. Le final, marqué par l’acte transgressif d’un Fou, promet déjà de susciter de vifs débats.
Le livre sera disponible dès le mois de mars à Louvain-la-Neuve et dans toutes les bonnes librairies. Une lecture indispensable pour qui veut écouter ce que les murs de Kinshasa ont à dire.


