L’année 2026 qui se profile laisse présager une lumière peu dicible dans les ténèbres opaques qu’aucun vent n’arrive plus à dissiper: des montages du ministre des hydrocarbures et celui des finances entrepris entre avril – octobre 2025 et illustrés par les activités évoquées dans les comptes rendus du conseil des ministres et autres ressemblent à de la chirurgie plastique. Une fois la peau tendue, elle fait flop peu de temps après!
L’opération lancée par Christian Yoka accueillie favorablement par des aveugles, ressemble à cette peau rétamée qui masque les ridules pendant les premiers moments, mais qui au fond, détériore le visage de plus belle et, maintient les mains, le cou et le corps dans un état lamentablement fripé.
Il sied de rappeler que les 670 millions de dollars ont été obtenus au taux de 9,875% au lieu de 6,25% (en moyenne). Le différentiel de 3,625 augmenté de l’inflation (3,6%) porte le taux réel à 13,475% et ne profite pas au citoyen lambda mais plutôt aux arrangeurs et au volant régnant ! C’est impossible de tenir encore 4 mois à ce rythme. Il faut une vaste opération d’in-substance defeasance, et les sous-jacents pour le faire sont présents mais non mobilisés en raison de l’atonie de la gouvernance Collinet 2. Il y a péril en la demeure et l’urgence est rouge écarlate.
En choisissant de positionner le gaz au sein de la SNPC, le Congo s’est privé d’un levier financier important pour gérer sa dette colossale. Une compagnie nationale de gestion du gaz autonome aurait été plus appropriée car elle pourrait lever des fonds directement par émission d’obligations. Cela est impossible dans le cas présent avec une Snpc ressemblant à une jare percée de tout bords.

La frénésie contractuelle comme technique d’encerclement juridique des ressources pétrolières et gazières
Depuis avril 2025, le ministère des Hydrocarbures, dirigé par Bruno Jean Richard Itoua(BJRI) a présenté pour adoption au pas de charge ( Conseils des ministres du 18 avril, 13 mai, 2 juillet, 16 juillet, etc.) 18 textes relatifs aux permis pétroliers et contrats gaziers. La cadence et l’empilement des textes obéissent à une logique non conjoncturelle mais structurelle : verrouiller contractuellement les principaux gisements du pays sur 20 ans, par le biais de contrats de partage de production (CPP) et d’avenants soigneusement calibrés. Le triptyque systématique est relativement limpide pour peu qu’on se donne la peine de s’y pencher :
1. Anticipation de la fin des concessions (Likouala, Ikalou) avec renonciation volontaire.
2. Signature précipitée de nouveaux CPP de type « II » pour sécuriser la prolongation d’exploitation.
3. Réduction de la SNPC à un rôle de figurant titulaire (15 %), sans aucun pouvoir opérateur.
Ce mécanisme s’est appliqué à des champs matures et rentables tels que Likouala II (101 millions de barils) et Ikalou II (26 millions de barils), mais aussi à des zones d’exploration à très fort potentiel comme Nzombo (92 milliards de barils en place) ou Ngoubili-Cayo. Chaque fois, le procédé de requalification du permis, validé par décret puis soumis au Parlement, transforme l’État en notaire législateur de sa propre dépossession.

Dans ce processus, le poids réel de l’État est marginalisé : les décisions techniques, les plans de redéveloppement, les estimations de coût (ex. 780 millions USD pour Likouala) sont dictés par les opérateurs, sans contre-expertise publique visible. Le Conseil des ministres est réduit à une chambre d’enregistrement pseudo-délibérative pour des buts maffieux. En effet, l’ire suscitée par l’arrivée de Steve Simplice Onanga en qualité de « Conseiller, Chef du département des hydrocarbures » marque un tournant dans la gestion d’un secteur clé pour l’économie congolaise. Onanga a succédé à Denis Auguste Marie Gokana. La rivalité ancienne entre BJRI et Gokana laisse place à une guerre quasi ouverte contre le quinqua Onanga. De même, la reconduction de Raoul Ominga à la tête de la Snpc malgré sa mauvaise gestion qu’il dissimule à travers la construction d’à peine trois lycées au lieu d’une vingtaine par rapport à l’argent engrangé, n’arrange pas ya Bruno.
(A suivre)
Ghys Fortuné BEMBA DOMBE


