WASHINGTON — C’est une promesse de campagne signée dès le premier jour de son retour à la Maison-Blanche, mais dont l’application se heurte toujours au mur de la justice fédérale. Plus d’un an après la promulgation par Donald Trump du décret présidentiel 14168, la mesure prévoyant le transfert des femmes transgenres vers des prisons pour hommes reste en grande partie bloquée par les tribunaux américains.
Le 20 janvier 2025, le président américain avait paraphé ce texte visant à « restaurer la vérité biologique » au sein du gouvernement fédéral. Parmi les directives les plus controversées, le décret ordonnait au Bureau fédéral des prisons (BOP) d’incarcérer les détenus stricto sensu selon leur sexe assigné à la naissance. Une décision qui impliquait d’extraire les femmes transgenres des établissements pour femmes pour les placer dans des pénitenciers masculins, tout en interdisant le financement fédéral de leurs soins médicaux d’affirmation de genre.
L’annonce avait déclenché une onde de choc au sein des organisations de défense des droits humains. L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) avait immédiatement dénoncé une politique exposant une minorité vulnérable à des risques extrêmes d’agressions et de violences en milieu carcéral.
Cependant, l’exécution de cette directive s’est rapidement heurtée au pouvoir judiciaire. Saisis en urgence par les associations, plusieurs juges fédéraux, notamment à Washington et à Boston, ont prononcé des injonctions préliminaires. Dans ses attendus, le juge Royce Lamberth a souligné que de tels transferts causeraient des « dommages irréparables » aux plaignantes, arguant d’une violation manifeste de leurs droits constitutionnels.
Aujourd’hui, en février 2026, le dossier est figé dans un bras de fer juridique. Si le gouvernement a pu couper l’accès à certains traitements médicaux, comme l’hormonothérapie, dans plusieurs centres de détention, les transferts carcéraux de masse n’ont pas eu lieu. Des injonctions renouvelées protègent temporairement les détenues, avec des échéances judiciaires cruciales prévues pour le mois de mars 2026. Sur les réseaux sociaux, la confusion règne pourtant, alimentée par des publications virales affirmant que les transferts ont déjà été massivement exécutés. Mais sur le terrain, la réalité est celle d’un statu quo tendu, suspendu aux futures décisions des hautes cours américaines, qui pourraient bien avoir le dernier mot sur l’un des conflits sociétaux les plus clivants de cette présidence.
