L’hypothèse d’un réalignement stratégique du Congo vers la Russie et la Chine se précise. Des sources concordantes révèlent que la clé de Damoclès est toujours suspendue sur la tête du général de division Guy Blanchard Okoï, chef d’État-major général (CEMG) des Forces armées congolaises (FAC), qui devrait être mis en difficulté. Paris, de son côté, détiendrait des leviers subtils pour contrer ce basculement, sans recourir à une confrontation ouverte.
Le pouvoir congolais a des racines françaises et tout remonte aux années 1970. Denis Sassou, alors capitaine, est approché par le Service de Défense et de Contre-Espionnage (SDECE) français – ancêtre de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), éclaboussée en 2025 par ses opérations contre l’Alliance des États du Sahel (AES). L’objectif : neutraliser le président radical Marien Ngouabi.
En 1976, Albin Chalandon, DG d’Elf Aquitaine, joue les intermédiaires avec ses réseaux issus du SDECE post-de Gaulle. Sassou, ministre de l’Intérieur et de la Défense depuis 1975, grimpe les échelons grâce à l’État-major spécial révolutionnaire.
Le capitaine Emmanuel Ngouélondélé, directeur des services secrets du Congo et proche des Batékés, facilite les liens via feu Omar Bongo, hôte clé des bases françaises en Afrique et de la Françafrique.
Porté par Elf Aquitaine, le minidef Sassou Denis indexé précédemment d’avoir assassiné Ngouabi, renverse le 5 février 1979, Yhombi Opangault : les vannes du pétrole s’ouvrent, l’argent coule, et le colonel Yves Ollivier s’installe durablement à l’état-major de Sassou.
De Lissouba à Mokoko : Paris corrige ses « fils »
En 1997, Elf récidive. Le professeur Pascal Lissouba, au pouvoir depuis 1992, est évincé pour avoir défié ses bienfaiteurs – nourris depuis 1963. La compagnie aurait financé mercenaires tchadiens, angolais, Hutu-Power et supplétifs zaïrois (DSP) : M. Sassou revient aux affaires avec plus de 400 000 morts dans les mains. Ce chiffre donné par l’expert Eric Dénécé n’a jamais été contesté.
En 2016, François Hollande sacrifie un autre « fils », le général Jean-Marie Michel Mokoko (J3M). Mais l’ivresse des nouveaux riches déborde : hubris face à des exigences françaises de rigueur. Aujourd’hui, la tentation d’un pivot vers la Russie irrite Paris. Son atout maître ? Une élite congolaise formée, socialisée et ancrée en France, relais indéfectible entre Brazzaville et l’Occident. Okoï, comme J3M, en est le pilier – Paris ne compte pas le lâcher sans frapper même si, Jean Dominique Okemba suspecté de monter la cabale contre les officiers généraux Okoï et Nianga via Aline Lonzaniabeka est sur la liste des succesibles reconnu par l’occident. Dans cette configuration, la colonelle Aline charge Okoi au lieu de M. Sassou qui a pris le décret de la nommé et de la casser de son grade selon les prérogatives qui lui sont dévolus (article 88 de la constitution de la République du Congo) : ledit décret qui casse le grade du colonele au soldat 2è classe (décret n°2025-478 du 26 décembre 2025, publié au Journal officiel de la République du Congo de la 68e année, n°4, p.78, du 22 janvier 2026 ). La diversion du colonele Aline et Cie pour enfoncer les généraux devant les problèmes économiques qui frappent le Congo ne convainc pas les dépêches des services des renseignements occidentaux et des journaux qui accusent la France de vouloir renverser des dirigeants africains.
Ce que les officiers Sassou, Lonzaniabeka et JDO cachent
La rivalité Russie-Chine s’intensifie dans la profondeur économique et discrétion politique de Pékin
L’alerte récente du Service de renseignement extérieur russe (SVR) et des médias comme Voi.id, lanouvelletribune.info, etc., cristallisent les enjeux. Elles exposent la fracture géopolitique et rend tout basculement risqué. Les offres russe et chinoise divergent profondément, filtrées par l’élite congolaise occidentalisée.
Pékin mise sur l’essentiel – infrastructures, énergie, numérique, prêts rapides, contrats bilatéraux sans ingérence idéologique. Cela flatte la souveraineté de M. Sassou. Mais l’administration congolaise, peu rodée, peine à gérer ces engagements complexes. Les élites françaises y voient efficacité sans filet : garanties juridiques faibles, opacité et vulnérabilité macroéconomique. La Chine apporte du concret, pas de bouclier réputationnel occidental.
La Russie, entre sécurité, polarisation et le filtre des élites
Moscou propose protection du régime, armes et diplomatie anti-Occident. L’alerte SVR politise le jeu, forçant un choix de camp. Pour les élites formées en France, c’est du poison : exposition juridique accrue, marchés fermés, isolement diplomatique. La Chine permet un virage discret ; la Russie impose une rupture bruyante et irréversible.
Okoï incarne cette inertie : doctrines militaires françaises, préférence pour la continuité, rejet des chocs. Les élites – administratives, financières, militaires – tolèrent la Chine comme partenaire économique, mais freinent la Russie, trop exposante. M. Sassou vise diversification et multipolarité, mais heurte un État modelé à l’occidentale.
La France ne bloque pas le changement par la force. Elle exploite l’asymétrie : toutes les alternatives BRICS ne collent pas à l’architecture élitaire congolaise. La neutralisation ? Anticipée, structurelle, via ces élites formées à l’ouest. Sassou » Ku bwa Ku telema « a-t-il le choix au moment où le Congo s’enfonce ? L’élite doit se ressaisir devant la distraction de Aline et des moutons qui feignent la situation économique, sanitaire , éducatif et celui du secteur numérique congolais qui est très délicate.
